L’heure
Sur cette côte, la lumière est le premier meuble. Entre huit et dix heures du matin, elle entre bas et chaude par les fenêtres tournées vers l’est ; en fin d’après-midi, elle traverse les pièces tournées vers l’ouest et dore les murs. Le reste de la journée, elle écrase. Une maison photographiée à midi paraît plate et blanche ; la même, à neuf heures, a des ombres, des volumes et l’air d’être habitée.
Nous demandons donc l’heure avant de demander l’appareil. Et nous attendons, s’il le faut, le jour suivant : un ciel voilé donne des intérieurs plus doux qu’un grand soleil, et la mer, elle, reste bleue.
Le grand-angle ment
Le grand-angle fait paraître un studio de vingt-cinq mètres carrés comme un loft, et la déception commence à la porte. Les voyageurs ne se plaignent pas d’une pièce petite ; ils se plaignent d’une pièce plus petite que sur la photographie. Nous utilisons des focales proches de l’œil, on recule quand on peut, et l’on écrit la surface dans l’annonce.
La même règle vaut pour la retouche : redresser les verticales, oui ; saturer le ciel ou inventer un coucher de soleil, non. L’image doit ressembler à l’arrivée.
Ce qu’on sort du cadre
Une photographie honnête n’est pas une photographie encombrée. On sort du cadre ce qui n’appartient pas au séjour : les affaires personnelles, les câbles, le sèche-linge sur le balcon, les magnets sur le réfrigérateur. On laisse ce qui dit la maison : les livres, le bois de la table, le linge tendu, une fenêtre ouverte sur la pinède.
Et l’on cadre à hauteur d’homme. Les vues plongeantes depuis un coin de plafond font des images de catalogue ; à hauteur des yeux, on voit ce que verra le voyageur en entrant.
La vue mer, honnêtement
« Vue mer » est l’expression la plus abîmée de la Côte d’Azur. Il y a la mer que l’on voit du lit, celle que l’on aperçoit en se penchant depuis le balcon, et celle qui est à deux rues. Les trois existent ; il suffit de photographier la vraie, depuis l’endroit où l’on se tient vraiment, et d’écrire ensuite « aperçu mer depuis la terrasse » si c’est ce que c’est. Le voyageur qui a été prévenu est reconnaissant. Celui qui a été trompé écrit.
La photographie qui dit vrai fait revenir
Une annonce flatteuse convertit vite, la première saison. Puis viennent les commentaires, et le classement suit. Une annonce vraie convertit un peu moins vite et loue un peu mieux, parce qu’elle attire les voyageurs à qui la maison convient, et que ceux-là reviennent. Sur une côte où l’on peut revenir dix étés de suite, c’est la seule stratégie que nous connaissions.
Pour aller plus loin : préparer le bien avant la séance photo · staging et photographie · préparer une résidence à Villeneuve-Loubet.
Les photographies de ce site sont des images d’ambiance ; celles des résidences seront faites, à la bonne heure, pour chaque maison.
